Description
Anderlecht est l'une des 589 communes de Belgique et une des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Comme toutes les communes de Bruxelles, elle est officiellement bilingue.
Le 1er février 2015, elle comptait 118 414 habitants (8e commune la plus peuplée de Belgique), appelés Anderlechtois, pour une superficie de 17,74 km2 soit une densité de 6 610,95 habitants/km².
Elle est située dans le sud-ouest de l'agglomération bruxelloise et limitrophe aux communes de Bruxelles-ville, Dilbeek, Forest ,Molenbeek-Saint-Jean, Leeuw-Saint-Pierre et Saint-Gilles.
Histoire
À propos des traces laissées par l'histoire à Anderlecht, voir : Daniel Van Damme, Promenades archéologiques à Anderlecht, préface de Joseph Bracops, illustrations d’Eugène Narcisse, Bruxelles 1958 (Préface).
Premières occupations connues
Dès l'âge de pierre, l'homme choisit pour s'y fixer la rive droite de la Senne, c'est-à-dire la parcelle du territoire d'Anderlecht incluse dans l'éperon de sable situé entre la Senne et le Maelbeek. C'est à la présence des eaux qu'il faut attribuer l'établissement d’habitations humaines, des huttes en bois sur pilotis (palaffites), à cet endroit.
La mise au jour de fragments de vases et de poteries attestent de l'occupation d'Anderlecht à l'âge du bronze.
Pour ce qui concerne l'âge du fer, on peut citer la découverte de vases et d'une crémaillère articulée.
Antiquité
À la fin du ier siècle de notre ère, une villa, siège d'une importante exploitation agricole, fut construite à Anderlecht sur l'emplacement du Champ de Sainte-Anne. Une chaussée romaine secondaire (diverticulum) s'étendait alors sur la crête de partage des vallées de la Vlese et de la Pède ; la villa romaine se trouvait non loin de cette voie. Les fouilles mirent au jour des murailles enduites de plâtras multicolore, des débris de tuiles (tegulae), des carreaux céramiques, des poteries et des objets métalliques.
Au milieu du ve siècle, la région est occupée par les Francs. Au vie siècle, ils y établissent un cimetière sur les rives de la Senne à l’emplacement des ruines de la villa romaine, sur les ruines des vaincus, selon leurs usages. Cette nécropole comprenait plus de 400 sépultures contenant des armes, des bijoux et des instruments de travail.
xie siècle
C'est du xie siècle que date l'essor d'Anderlecht - la plus ancienne mention connue du nom d’Anderlecht se trouve d'ailleurs dans un acte de 1046 ou 1047 -, en particulier autour de la vie religieuse. À l'époque, quatre villages occupent le territoire de l'actuelle commune : Anderlecht et Aa, liées à deux puissantes seigneuries foncières des bords de la Senne,Cureghem et Neerpede.
En 1046, Reinelde d’Aa fonde un chapitre canonial au sein de la paroisse de l’église Saint-Pierre, alors église principale d’Anderlecht qui acquiert ainsi le titre de collégiale. La communauté formera bientôt un noyau culturel, particulièrement rayonnant aux xve et xvie siècles.
Une église romane est également construite - qui deviendra la Saints-Pierre-et-Guidon.
La mort de Saint Guidon est située vers 1012. La collégiale prit le nom de Saint Pierre-et-Guidon lorsque, un siècle après la mort du saint, une Vita Guidonis écrite par un des chanoines le fit mieux connaître. Son tombeau commença à attirer un grand nombre de pèlerins.
Bas Moyen Âge
En 1252 est fondé le béguinage d'Anderlecht.
Dès la fin du xiiie siècle, la Famille d'Aa perd de son influence ; une partie de leur seigneurie passe aux mains de la famille de Walcourt, une autre à Sweder d'Abcoude au début du xve.
De 1350 à 1527, la modeste église romane est est agrandie et acquiert un style gothique brabançon. Elle prend alors son apparance actuelle, mais elle sera encore fortement restaurée et transformée au xix siècle.
En 1356, la plaine de Scheut fut le théâtre de la Bataille de Scheut.
En 1393, Jeanne de Brabant incorpore Anderlecht à la Cuve de Bruxelles. Ce rattachement marqua de manière indélébile la vie sociale, politique et économique du village pendant quatre siècles.
Article connexe : Petit château (Anderlecht).
xve siècle
Des miracles et une appartition de la Vierge font affluer les pèlerins et permettent le développement d'un nouveau centre religieux : les fondations d'une chapelle sont jetées en 1450 à Scheut, bientôt complètées par un monastère chartreux (1453), une église et un grand cloître (1469).
Renaissance
En 1521, Érasme passe quelques mois à Anderlecht, dans ce qui deviendra la Maison d'Erasme. En 1525, la population d'Anderlecht est évaluée à 970 habitants. En 1576 puis en 1579, la chartreuse de Scheut, à son apogée, est envahie, pillée et brûlée. Le couvent détruit, les Chartreux s'aménagent un refuge à Bruxelles intra muros en 1585.
xviie siècle
Les archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols, autorisent les Minimes à venir s'installer à Bruxelles en 1616. À partir de 1624, et avant de s'installer au centre de Bruxelles, l'ordre fait donc bâtir un premier couvent, avec le soutien du duc d'Aumale - alors en exil au château d’Aumale.
Joséphisme
Les mesures prises par Joseph II contre les institutions religieuses frappent directement Anderlecht. En 1783, les chartreux doivent définitivement quitter la chartreuse de Scheut. Douze ans plus tard, la chapelle et la ferme (le Scheuthof), sont vendus comme biens nationaux. La chapelle resistera jusqu'en 1974, avant d'être détruite en toute illégalité. Le collège des chanoines fut dissout en 1796.
Période française
Quant à cette époque, voir l'impression que l'on pouvait avoir d'Anderlecht à la fin du xviiie siècle dans Charles Oudiette, Le Département de la Dyle, ou Première partie du dictionnaire géographique et topographique, des neuf départemens de la Belgique, Bruxelles, Armand Gaborria, an VII (1798), p. 4-7.
Le , la commune est le théâtre du Combat d'Anderlecht qui voit s'opposer la France et le Saint-Empire germanique.
Canton d'Anderlecht
Le décret du , fait d'Anderlecht le chef-lieu du 24e canton du Département de la Dyle. Ce canton d'Anderlecht regroupait 11 municipalités - Anderlecht (chef-lieu),Berchem-Sainte-Agathe, Jette, Laeken, Dilbeek, Meulebeek (sic), Grand-Bigard, Itterbeek, Sint-Martens-Bodegem, Vlezenbeek et Wambeek et comptait 11 400 âmes. La Cuve de Bruxelles est supprimée par l'administration française.
La situation avantageuse de ces communes en rend les productions principales abondantes en grains tels que froment, seigle, orge, avoine, et colza. Les prairies et pâturages y sont d'une grande étendue, surtout à Anderlecht, Meulebeek et Laeken où ils sont fertilisés par les fréquentes inondations de la Senne. On a donc l'avantage d'y faire deux récoltes par an et celui d'y entretenir quantité de bestiaux de toutes espèces. Il se cultive à Grand-Bigard et Saint-Martin beaucoup de houblon et à Meulebeek les fruits et les légumes sont également abondants. Il résulte de ces productions auxquelles il faut ajouter les bois, quoique peu considérables, que possédaient les abbayes d'Affligem et Grand-Bigard, que ce canton est l'un des plus fertiles du département.
Les objets d'industrie et commerce dans ce canton sont les manufactures et imprimeries de coton, manufactures de faïence, fabriques de tabac, potasse, salins, blanc de céruse et poudre à tirer, avec deux tanneries, le tout sur les communes d'Anderlecht, Meulebeek et Koekelberg - alors une dépendance de Berchem-Sainte-Agathe. Il y a aussi une fonderie de fer à Jette et deux tanneries à Laeken.
La qualité du beurre d'Anderlecht, que lui donne la nature des pâturages qui alimentent les bestiaux, fait qu'il a la préférence sur tout autre des environs. Le canton compte environ quinze brasseries et dix genièvreries.
Le canton d'Anderlercht comptait, avant la suppression du clergé, dix paroisses et deux annexes avec une collégiale au chef-lieu, le Couvent des Minimes, le béguinage d'Anderlecht, l'Abbaye de Dieleghem (Prémontrés) à Jette, l'abbaye Sainte-Wivine à Grand-Bigard.
La commune à la fin du xviiie siècle
Sa population est d'environ 2 000 âmes, y compris ses dépendances, qui s'étendaient jusqu'aux remparts de Bruxelles, à savoir : les hameaux de Cureghem, Veeweyde, Straete van Aa (où il y a un moulin à eau), Biestebrock, Neerpede, Vlaesendael, Broeck, Mylenmeersch et Moortebeek en partie, les fermes isolées de Scheut, Elishout, Vlest et le moulin à eau de Speekaert et quelques maisons isolées de cultivateurs, qui ne sont connues que par les noms de ceux qui les habitent. Près de la ferme de Scheut, à l'emplacement de l'église du couvent des Chartreux, se trouvait une chapelle nommée Notre-Dame de Scheut dont la situation agréable, au milieu d'un bocage, rendait ce lieu très fréquenté. Les productions principales d'Anderlecht sont le froment, le seigle, le colza, les fruits et légumes de toutes espères. Les prairies et pâturages y sont très abondants. On y trouve également 4 imprimeries de coton, 2 moulins à huile, deux fabriques d'amidon, une foulerie en laine, un moulin à tan et une genièvrerie. C'est à cette importante tradition maraichère et horticole que la commune doit l'Institut Redouté-Peiffer, héritier de l'école provinciale d'horticulture.
xixe siècle
Urbanisation
Au xixe siècle la commune s'urbanise et se peuple, en réponse à l'industrialisation des abords du canal ; la chaussée de Ninove est tracée en 1828, à travers l’ancienne propriété des chartreux.
La population est multipliée par 10 entre 1830 et 1890 et encore doublée entre 1890 et 1910. Le long de la chaussée de Mons, une série de quartiers industriels et ouvriers rejoignent d'abord le centre d'Anderlecht par Cureghem, puis s'étendent au-delà, avec notamment l'établissement, au début du xxe siècle, de la cité ouvrière de La Roue.
Lieux culturels, tourisme et curiosités
Le Musée de la Chine, musée qui rassemble de nombreux documents et objets que la congrégation de Scheut ramena de leur action en Chine, dont un Bouddha en bronze datant du xve siècle, et de très nombreux portraits de missionnaires. Ce musée est établi dans l'actuel couvent et retrace les aspects de la vie culturelle et artistique de la Chine ancienne.
Le Musée bruxellois de la gueuze, installé dans la dernière brasserie artisanale bruxelloise (créée en 1900) encore en activité : la brasserie Cantillon. Musée, brassins publics et dégustation.
Le béguinage hébergeant un musée sur l'histoire d'Anderlecht.
La Maison d'Érasme aujourd'hui transformée en musée érasmien.
Le musée de la Résistance.
Le musée de la Médecine, qui se trouve sur le campus ULB-Erasme.
Le musée Maurice Carême permet au visiteur de découvrir le cadre où le poète vécut et écrivit. Les œuvres exposées témoignent des liens qu'il noua avec des artistes comme Paul Delvaux, Felix De Boeck, Henri-Victor Wolvens, Luc De Decker, Léon Navez, Devi Tuszynski, Rodolphe Strebelle, Marcel Delmotte, Roger Somville, Jules Lismonde…
Le Luizenmolen, reconstitution moderne (1999) d'un ancien moulin à vent.
Ouvertes au public, les Archives de l'État à Bruxelles (Anderlecht) se situent au Quai Demets no 7 à Anderlecht, à environ 2 kmde la gare du Midi. Elles conservent plusieurs kilomètres d’archives liées au territoire de l’arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale. Ce dépôt a ouvert ses portes au public en 2002, à la suite de la scission de la province de Brabant et à la création, en 1995, de l'arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale.
Adresse
Anderlecht
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Lat: 50.836582184 - Lng: 4.308187008




