Place Vendôme

Description

La place Vendôme, située dans le 1er arrondissement de Paris, se trouve au nord du jardin des Tuileries, au sud de l'Opéra Garnier et à l’est de l’église de la Madeleine.

Typique de l'urbanisme classique français, c'est une des places de Paris les plus célèbres et considérée comme l'une des plus luxueuses du monde. Son architecture est due à Jules Hardouin-Mansart qui conçut en 1699 un plan d'urbanisme strict auquel devaient se conformer les propriétaires des immeubles. Une grande partie des façades est classée monument historique. En son centre, se trouve la colonne Vendôme édifiée en 1810, abattue par les communards, reconstruite ensuite.

Elle a été appelée place Vendôme dès le xviie siècle, du nom de l'Hôtel de Vendôme qui se trouvait là. C'était plus anciennement la place Louis le Grand et, à l'origine, la place des Conquêtes. On lui a donné le nom de place des Piques pendant la Révolution. Elle fut nommée place Internationale en 1871, pendant la seconde Commune de Paris, durant laquelle la colonne Vendôme fut détruite par les communards, qui y voyaient un symbole de la tyrannie et du militarisme de Napoléon. Avant de devenir un lieu central pour la joaillerie que l'on connait de nos jours, la place Vendôme est, avec la rue de la Paix, l'épicentre de l'élégance parisienne durant un demi siècle, comptant nombre de couturiers ou modistes.

L’hôtel de Bourvallais, situé au no 13, abrite le ministère de la Justice, parfois désigné par métonymie « la Place Vendôme ».

Histoire

En 1677, un groupe de spéculateurs, parmi lesquels l'architecte Jules Hardouin-Mansart, a la première idée de la place Vendôme.

Le projet de 1685

En 1685, Louvois reprend l'idée et achète l'hôtel de Vendôme et le couvent des Capucines qui se trouvaient au nord de la rue Saint-Honoré. Sur leur emplacement, Jules Hardouin-Mansart et Germain Boffrand proposent de construire une vaste place rectangulaire, entièrement ouverte sur la rue Saint-Honoré et destinée à être bordée de vastes bâtiments publics : bibliothèque royale, hôtel de la Monnaie, hôtel des Académies, hôtel des Ambassadeurs, etc. Au fond de la place, la façade doit être percée d'une arcade monumentale qui laissera voir le couvent des Capucines, qui est reconstruit au nord de la nouvelle place en 1688.

Les façades sont construites (avant même les bâtiments) et au milieu de la place est érigée une statue équestre en bronze de Louis XIV que Louvois avait commandée à François Girardon. La place prend alors le nom de place Louis-le-Grand, qu'elle gardera jusqu'à la Révolution. La statue, inaugurée en 1699, sera détruite en 1792. Il en subsiste un pied qui est conservé dans les collections du musée Carnavalet.

Le projet de 1699

En 1699, le programme public de 1685 est abandonné au profit d'une opération privée. Le roi vend le terrain à la ville et les façades, qui avaient été construites pour l'inauguration, sont démolies afin de réduire l'emprise de la place d'une vingtaine de mètres de chaque côté. La nouvelle place sera entourée d'hôtels particuliers derrière des façades uniformes, dessinées par Jules Hardouin-Mansart.

De plan carré avec des pans coupés aux angles, elle sera fermée et seulement traversée par une voie nord-sud reliant la rue Saint-Honoré au portail des Capucines. Dépourvus d'arcades au rez-de-chaussée, conformément à leur vocation d'immeubles d'habitation, les nouveaux bâtiments sont couverts d'un toit brisé dont le comble est percé à l'origine d'une alternance d'œils-de-bœuf et de lucarnes (les œils-de-bœuf ont pour la plupart été remplacés par des lucarnes au xixe siècle).

Sous la Révolution

De 1793 à 1799, elle prit le nom de place des Piques. Le , la statue équestre de Louis XIV fut brisée. Après l'assassinat au Palais-Royal de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau () qui avait voté la veille la mort de Louis XVI, on chargea le peintre Jacques-Louis David d'organiser une cérémonie funèbre.

Au milieu de la place, Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau fut placé nu et sanglant, simplement recouvert d'un drap laissant apparaître sa plaie, sur le socle, dans un grand appareillage néo-antique signé Jacques-Louis David.

L'évolution ultérieure

En 1806, la rue de la Paix est percée à l'emplacement du couvent des Capucines.

La colonne Vendôme est élevée en 1810 à l'emplacement de la statue (détruite) de Louis XIV par les architectes Jacques Gondouin et Jean-Baptiste Lepère, à l'imitation de la colonne Trajane de Rome, qui comporte également un bas-relief hélicoïdal. Celui-ci, sculpté par Étienne Bergeret, représente la campagne de 1806. La colonne est surmontée d'une statue de Napoléon en Caesar par Antoine-Denis Chaudet. Supprimée par Casimir Perier sous la monarchie de Juillet en 1831 pour être remplacée par une statue de Bonaparte en petit caporal par Charles Émile Seurre, l'effigie d'origine fut rétablie en avril 1863 par une réplique exécutée par Auguste Dumont, lorsque la colonne, abattue en 1871 par les communards, fut remise en place en 1873.

La haute-joaillerie et les maisons de mode

La place Vendôme est connue de nos jours comme l'emplacement où de nombreux bijoutiers-joailliers réputés ont élu domicile. Mais après le milieu du xixe siècle c'est surtout le lieu de l'élégance parisienne et mondiale. Les clientes arpentent le quartier à la recherche de la plus belle robe, du plus beau chapeau ou des plus beaux bijoux.

Initialement les joailliers-bijoutiers avaient investi la rue de la Paix à la suite de la famille Meller lorsqu'elle s'y était installée en 1815 au creusement de la rue sous le Premier Empire. Prolongeant la rue de la Paix, la place Vendôme fut à son tour investie. Mais c'est surtout Charles Frédéric Worth, inventeur de la haute couture, qui donne ses lettres de noblesse à l'ensemble formé par la rue de la Paix et la place qui la prolonge. En 1858, Worth ouvre au 7, rue de la Paix. Son immense succès attire nombre de couturiers, modistes, chapeliers, tailleurs, bottiers, parfumeurs et fait du quartier l'épicentre de la mode, s'étendant également rue de Castiglione. Jusque plusieurs années après la Première Guerre mondiale, les maisons de mode restent omniprésentes sur la place, bien que la mode ait déplacé peu à peu son centre vers l'avenue d'Antin depuis l'ouverture par Paul Poiret de sa maison de couture quelques années avant.

Le premier bijoutier qui s'est installé sur la place fut Frédéric Boucheron en 1893. Il désirait quitter le quartier du Palais-Royal pour s'installer près du nouvel Opéra construit par l'architecte Garnier. Il s'établit dans l'hôtel de la comtesse de Castiglione, entrainant au début du siècle suivant plusieurs installations rue de Castiglione.

Il sera suivi par d'autres joailliers et artisans d'art, dont : Louis François Cartier qui s'installe également rue de la Paix, au numéro 13, en 1899, Joseph Chaumet en 1902, Alfred Van Cleef et Salomon Arpels en 1906, Briquet, Gomper, Lacloche, E. Marchand, ces quatre derniers avant la Guerre, René Boivin, Técla, Mauboussin en 1955, Bvlgari, Repossi en 1986, Lorenz Baümer en 1994, Fred en 1999, etc.

Des horlogers se sont installés sur la place Vendôme comme Piaget en 1991, Patek Philippe en 1995, Pierre Dubail, Breguet en 2006, Rolex en 2008, Hublot deux ans plus tard… mais aussi de grandes maisons de mode comme Chanel Joaillerie en 1991 au numéro 18, Dior Joaillerie en 2001, et Louis Vuitton Joaillerie en 2012.

source https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Vend%C3%B4me

Adresse


Paris
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