Thiès

Description

Thiès la discrète vaut plus que le détour

Deuxième ville du Sénégal, 70 km à l’est de Dakar, 274 000 habitants, liaison ferroviaire quotidienne avec Dakar.

Qui a la curiosité de se pencher sur les vieilles cartes d’archives de l’Afrique Orientale y verra Thiès déjà indiquée : Thiès est donc une vieille ville où règne une atmosphère toute particulière patiemment façonnée par les événements passionnels et passionnés historiques et contemporaines qui l’ont marquée, sans la dénaturer.

Thiès est un mystère, une vieille dame à qui on ne la lui fait pas : elle en a tellement vu…

A l’origine faisant partie du Cayor, région dont fut issu le héros de la résistance contre les velléités colonisatrices françaises Lat Dior, Thiès située à seulement 20 km de Tivaouane (fief du tidjianisme), est une ville marquée par un islam ouvert et tolérant cotoyant un catholisisme paisible.

Malgré son statut de deuxième ville du Sénégal et ses 274 000 habitants, la ville de Thiès a réussi à se préserver de l’effervescence touristique des grandes zones urbaines telles que Dakar et cultive une nonchalance apparente qui n’a rien à voir avec de l’oisiveté.

Thiès est une ville jeune et active : la majeure partie de sa population travaille dans les mines de phosphate de Taiba et de Pallo.

MEILLEURS AMBASSADEURS DE LEUR VILLE : LES THIESSOIS EUX-MÊME.

Malgré le feuilleton du maire de Thiès Idrissa Seck qui fit la une des journaux plus souvent qu’à son tour en tant que bras droit du président Wade sous son premier mandat, premier ministre puis ex-premier ministre, Thiès garde son coté serein : on ne la lui fait pas elle en a vu tellement d’autres notamment avec ce brave Lat Dior cauchemar des colons français.

Les « grand travaux de Thiès » initiés par une fête de l’Indépendance qui n’eut jamais lieu, qualifiés de « pharaoniques » par certains et « d’inutiles » par d’autres ont certes rasé quelques maisons que le patrimoine de la ville aurait gagné à conserver intactes mais les rues du centre ville ont été refaites. Au détriment toutefois des quartiers périphériques…

La ville de Thiès quadrillée de larges allées bordées d’arbres aux feuillages verts et ombrageux est plus aérée que Dakar : les constructions y sont moins condensées et anarchiques.

VISITE DU QUARTIER RAIL

Le coût de la vie, les taxis, les loyers, etc. sont eux aussi bien moins élevés et les visites dans les marchés y sont beaucoup moins stressantes…

A Thiès on peut laisser du temps au temps… S’attarder devant un étal ou une échoppe en plein marché, échanger, comparer, revenir sur ses pas, hésiter, échanger avec un vendeur sans se faire harponner ni tirailler de toute part.

Thiès, ville ambitieuse, s’est également dotée du moyen de ses ambitions, de grandes écoles d’agriculture, d’officiers et polytechnique, parmi les meilleures du pays, s’y sont installées.

Thiès est jumelée à Caen depuis 1957, ce jumelage ayant été mis en place par Léopold Sédar Senghor, maire à l’époque.

Dotée d’une histoire riche, non dépourvue de lieux à visiter pour ceux qui affectionnant les chemins de traverse et savent s’attarder, Thiès la discrète gagne à être visitée.

CARTES POSTALES DE THIÈS

Le quartier « Ibrahima Sarr » ex cité coloniale Ballabey avec ses villas indolemment nichées à l’ombre des arbres centenaires.

Le Musée historique ouvert de 9 à 18h du lundi au vendredi inclus : situé dans l’ancien fort Faidherbe, construit en 1864 remanié en 1879 afin d’avoir un œil et le bon sur l’axe Saint Louis Gorée.

A l’époque, des milliers de tirailleurs sénégalais y furent entrainés. L’endroit a depuis été classé patrimoine historique. Aujourd’hui le fort s’est refait une virginité en abritant le fameux Musée historique.

Vous pourrez y voir dans la salle historique des objets néolithiques ou protohistoriques des reproductions de scènes historiques. Une chose est sûre : en en ressortant, vous serez incollable sur les différents maires de Thiès.

Vous aurez également plus qu’un aperçu des situations économiques religeuses et géographiques de la région.

Même endroit mais autre bâtiment : vous pourrez y visionner des vitrines sur l’agriculture, la pêche et des panneaux sur l’histoire de la traite négrière, du rail, les différents royaumes, etc

Autres bâtiments également présents dans la place dont un spécialisé dans les fixés sous verre : à visiter.

http://www.museedethies.sn/

La manufacture sénégalaise des arts décoratifs
ouvert du lundi au vendredi de 8h à13h30 et de 14h30 à18h30

Vous pourrez assister au travail des lissiers qui tissent au point d’Aubusson sur des cartons colorés, les tapisseries sont exposées dans une galerie en rotonde. Comptez 500 000 FCFA environ le mètre carré.

Le village artisanal : dépendant de la chambre des métiers, situé dans une ancienne base militaire postée non loin du centre nationale d’éducation sportive (CNEPS).

Que de corps de métiers en cet endroit ! 
Sculpteurs sur bois, ébénistes, tanneurs sur peaux, maroquiniers, cordonniers menuisiers tisserands couturiers peintres bijoutiers y œuvrent dans différents ateliers.

Soixante-dix chefs d’entreprise, et un peu plus de soixante-dix compagnons y travaillent en bonne entente !

Le marché situé dans l’avenue de la Gare

Au niveau de la mairie une place a été aménagée récemment afin d’accueillir les concerts alors si vous arrivez en plein show, laissez-vous entraîner par le rythme des djembés et autres attractions proposées !

Attention ces quelques endroits cités plus hauts ne « font » pas Thiès qui a pour elle bien d’autres qualités que « des endroits à voir absolument », Thiès est également un vivier de troupes de théatre et de comédiens le plus souvent comiques, qui font régulièrement les beaux jours des scènes dakaroises…

Thiès est surtout une essence, une atmosphère toute particulière, et qui n’y jamais mis les pieds ne peut comprendre de quoi nous voulons parler !

UN PEU D’HISTOIRE…

Pourquoi lorsque l’on parle de Thiès parle-t-on de nœud ferroviaire ?

Parce que… Nous sommes dans les années 1860, Thiès est un petit village sérère pépère comptant tout juste 75 âmes…

Tout d’abord lieu de garnison, c’est la création de la ligne de chemin de fer Dakar-Saint Louis qui lui donna son essor et fit d’elle une ville en vue, tellement en vue d’ailleurs que Léopold Sédar Senghor y fit ses classes politiques avant de prendre d’assaut Dakar…

Sise au carrefour des anciens royaumes du Djolof, du Cayor et du Baol, la ville de Thiès s’est, de par sa position géographique privilégiée, imposée comme le passage obligatoire des lignes de chemin de fer Dakar-Bamako..

Aujourd’hui, la ligne ferroviaire Dakar à Saint-Louis est malheureusement suspendue, mais une liaison journalière Dakar -Thiès est assurée.
Notez que Thiès est aussi un important carrefour routier.

IBRAHIMA SARR, PREMIER SYNDICALISTE

En 1947, à Thiès, eut lieu la première grève de toute l’histoire coloniale. 
Meneur des hostilités : Ibrahima Sarr, syndicaliste parfaitement au fait de ses droits et de celui de ses compagnons d’infortune.

Réclamations des grévistes : de meilleures conditions de travail. 
La légende dit que devant l’inflexibilité des travailleurs et de leur figure de proue, le représentant de l’autorité coloniale eut la brillante idée d’aller demander au père d’Ibrahima Sarr de faire revenir son rejeton à de meilleurs sentiments, pro colons cela va de soi.

Mais le père d’Ibrahima refusa tout net de pactiser avec l’ennemi. Résultat des tractations, la grève dura six bons mois, à l’issue desquels les employés du rail obtinrent satisfaction. Les femmes des grévistes ravies du dénouement de l’affaire, marquèrent le coup en faisant cérémonieusement marcher leurs hommes triomphants sur deux kilomètres de pagnes tissés (pagnes de luxe), le jour de la reprise du travail !

Treize ans plus tard, en 1960, Ibrahima Sarr devint ministre des travaux publics. L’indépendance du Sénégal a été proclamée le 4 avril 1960 bien que les papiers officiels ratifiant le fait aient été signés quelques mois auparavant. Léopold Sédar Senghor devint le premier président du Sénégal indépendant.

Deux ans plus tard en 1962 le même Ibrahima Sarr fut arrêté ainsi que Mamadou Dia alors premier Ministre. Tous deux furent déportés et jetés en prison à Kédougou ville située dans le fin fond du Sénégal oriental.

Motif invoqué par Senghor pour la mise à l’écart des deux hommes politiques qu’il avait pourtant adoubés quelques mois plus tot : tentative de coup d’Etat…

> Plus d’informations sur le site de la mairie de Thiès : www.villedethies.org

source http://www.au-senegal.com/thies-capitale-du-rail,1122.html

Adresse


Thiès
Sénégal

Lat: 14.790636063 - Lng: -16.935338974