Description
Fécamp est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie.
Ancien port morutier sur le littoral du pays de Caux, la commune est située à environ 40 km au nord du Havre.
Géographie
Fécamp se trouve dans la valleuse de la Valmont, au cœur du pays de Caux, sur la côte d'Albâtre.
Toponymie
Le nom est attesté dès 875 dans l'expression latine super fluvium Fiscannum, puis Fiscannus en 990.
Les formes les plus anciennes sont sans rapport avec l'étymologie savante Fici campus « champ du figuier », souvent invoquée à propos de la ville et dont s'inspire la graphie actuelle de Fécamp avec p final.
L'évolution du nom en « Fécan » procède régulièrement de *FISCANNU. Il s'agit vraisemblablement du nom d'origine de la Rivière de Valmont (sans autre nom ancien) comme le montre la mention de 875 dans la charte de Charles le Chauve super fluvium Fiscannum « sur la rivière Fécamp ». En outre, le même processus de transfert d'un nom de rivière à un nom de lieu s'observe à plusieurs reprises en Seine-Maritime (cf. Eu, Dieppe, etc.) et ailleurs. Curieusement, les formes Fiscamnum monasterium au VIIe siècle (M.G.H. Passiones, t. V p. 337) et Ad Fiscamnum en 833 (Gesta, 111) ne sont pas prises en compte par François de Beaurepaire, alors qu'elles semblent indiquer également une étymologie en rapport avec un nom de rivière, ce qui permet de comparer avec Entrains-sur-Nohain (Nièvre, Intaranum IIe siècle, sur une des inscriptions d'Autun -RIO 1962 174-, Interamnum VIe siècle) ou Antrain (Intramnum au XIe siècle), dont l'élément -amnum « rivière » est un rhabillage bas latin pour le terme indigène anum « marais » ou ambes « rivière ». Le premier élément Fisc- représente vraisemblablement le vieux bas francique *fisk « poisson », d'où le sens global de « marais, rivière des poissons ».
L'explication d'Auguste Longnon comme « domaine du fisc » n'est pas reprise par Albert Dauzat et Charles Rostaing. En revanche, ils classent Fescamps (Somme, sans forme ancienne) avec les noms de type Fêche-l'Église, Fesches-le-Châtel, etc. sous la rubrique Feissal relevant du latin fiscus « trésor royal », reprenant en cela l'explication de Longnon. Ernest Nègre se base sur les propos des précédents et exclut, comme les seconds, Fécamp de cette série qui remonterait au latin fiscus.
En effet, Longnon voit dans Fécamp un *Fisci campus mot-à-mot « champ du fisc », contredit par les formes anciennes. On note, par ailleurs, que le terme fisque « fisc » n'est pas attesté avant le XIIIe siècle en français et est un emprunt au latin classique.
Albert Dauzat et Charles Rostaing posent donc un *fisk-hafn d'après la proposition de Hermann Gröhler, basé sur le germanique fisk « poisson » et hafn « port », explication reprise partiellement par François de Beaurepaire qui analyse le premier élément comme remontant effectivement au germanique fisk « poisson ». Cependant, Ernest Nègre leur reprend également l'identification du second élément -annum / -annus comme une altération du germanique hafn « port de pêche ».
Un nom de rivière identique est attestée en France avec la Fresquel, affluent de l'Aude, qui est un ancien Fiscanum également et dont le second élément ne peut pas être le germanique hafn « port ». En revanche, le germanique *fiskaz « poisson » est tout à fait compatible avec une origine wisigothique. Des noms de rivières similaires existent en Italie avec la Fisca (it), torrent du Bassin du Pô, et en Allemagne dans les nombreux Fischach, Fischbach, etc..
Histoire
La ville s'est vu décerner le label « Villes et pays d'art et d'histoire ».
Gaule indépendante et romaine
Un oppidum (agglomération fortifiée gauloise) est établi au lieu-dit Côte du Canada, au sud-est de la ville actuelle. On peut encore voir les restes des fortifications édifiées vers le milieu du Ier siècle av. J.-C., notamment ceux d'un rempart de type belge.
Durant l'époque romaine, une voie reliant Fécamp à Étretat passait à l’actuel lieu-dit du Fond Pitron. L'actuelle D 940 a repris le tracé de cette voie romaine. Une sépulture féminine, qui a pu être datée à partir de la découverte sur le site d'un silique d'Eugène (392-394), a été découverte en 1872, à l’ancien emplacement du couvent des capucins ou plus exactement un espace compris actuellement entre les rues Louis Pasteur, Léon Degenetais, Charles le Borgne et Jules Ferry. D'après le mobilier, il s'agirait de la tombe d'une femme de l'aristocratie germanique que les archéologues ont surnommée « sépulture des Capucins ». L'hypothèse de la présence d'une garnison germanique installée par le pouvoir romain dans le cadre du Litus Saxonicum a été avancée.
Moyen Âge
- Au VIIe siècle, saint Léger (en latin Leodegarius, du germanique Leudegari cf. les leudes du roi des Francs) est déporté à Fécamp, il est accueilli dans le premier monastère qui était alors une abbaye aux dames. On dit qu'il y recouvra la parole. Autour du palais ducal roman, des témoignages de l'époque carolingienne ont été retrouvés (monnaies et fondations de deux chapelles).
- Au IXe siècle, les Vikings ravagent la région et détruisent le monastère, dont on dit que les nonnes vont se mutiler volontairement le visage, pour échapper au « deshonneur ». Après 911 (traité de Saint-Clair-sur-Epte), la région autour de Fécamp devient une zone d'implantation massive des Nortmanni comme le prouve la toponymie.
- Cette présence massive des Anglo-Danois pourrait expliquer l'intérêt que portent les premiers ducs à la ville, somme toute modeste par rapport à Rouen et aux villes épiscopales du duché de Normandie. Elle est la ville natale des ducs de Normandie Richard Ier et Richard II (qui y mourut le 22 août 1027).
- Un trésor de pièces de monnaies essentiellement franques et anglo-saxonnes, mais aussi originaires de la Méditerranée, illustre la circulation de la monnaie dans le nouveau duché. Il aurait été enterré vers 970/980, d'après la pièce la plus récente.
- Richard Ier dit sans peur, duc de Normandie est né en 933, environ 100 ans après les premières destructions commises par ses ancêtres Vikings (851). Richard Ier fait reconstruire une église, mais c'est son fils Richard II dit le bon qui fit venir Guillaume de Volpiano pour refonder une abbaye, à savoir : l'abbaye de la Trinité de Fécamp, selon la règle bénédictine en usage à Cluny. À l'origine Richard fit appel à Maïeul, l'abbé de Cluny, mais ce dernier aurait refusé au motif qu'il n'irait pas chez les pirates. L'église abbatiale de la Trinité est construite une première fois en style roman avec la pierre blonde de Caen et la pierre de Fécamp. Elle est consacrée en 1106 par l'archevêque de Rouen Guillaume Bonne-Âme. Sous les Plantagenêt, le scriptorium de Fécamp produit de nombreux manuscrits enluminés. Les reliques du Précieux Sang, une sorte de Saint-Graal vont attirer pécheurs et pèlerins et contribuer à faire de cette abbaye bénédictine, la plus opulente de Normandie à l'origine de ce dicton : « De quelque côté que le vent vente, l'abbaye de Fécamp a rente ». À la suite d'un terrible incendie en 1168, on entreprend la reconstruction de l'abbatiale en style gothique.
- Au début du XIIIe siècle, l'église est achevée sous l'abbatiat de Raoul d'Argences. En 1202, Jean sans Terre accorde un régime communal à Fécamp. Peu de temps après la ville est annexée au royaume de France par Philippe-Auguste.
- Au XVe siècle, en 1410 les Anglais envahissent et incendient la ville, puis l'occupent, y maintenant une garnison. Henri V débarque à Harfleur en août 1415 ; le 9 octobre il est à Fécamp avant de rejoindre Azincourt. La ville de Fécamp est placée sous l'autorité et la garnison de John Fastolf qui lève l'impôt à son gré sur le pays de Caux.
- En 1449, Fécamp est libérée de l'occupation anglaise, tout comme Rouen.
- Pour la ville, les guerres de religion s'achèvent en juillet 1593, quand le capitaine de Bois-Rosé rallie la ville à Henri IV après sa conversion au catholicisme. L'abbatiale passe sous l'autorité de Charles de Lorraine, un des trois Guise.
Époques moderne et contemporaine
L'histoire de Fécamp repose, avec celle de l'abbaye, principalement sur celle de son port fondé vers le XIe siècle, qui va générer à la fois la construction navale et la pêche. Au XVIIIe siècle, la pêche au hareng est en perte de vitesse, face à l'ensablement du port, la concurrence hollandaise, l'attrait de la contrebande anglaise (smogglage) et le manque d'investissements.
Le 16 octobre 1651, le roi Charles II d'Angleterre débarque à Fécamp réussissant à fuir Cromwelll.
Ville de femmes et Port de Terre-Neuvas
Du XIXe siècle et au milieu du XXe siècle, Fécamp a une importante activité de pêche morutière : les Terre-neuvas. Il va un moment supplanter Saint-Malo comme premier port morutier français et définitivement Granville au XXe siècle, qui était traditionnellement le premier de Normandie et le second de France. La moitié des navires français pour cette pêche est armé à Fécamp au début du XXe siècle et l'apogée de cette activité se situe en 1903, quand le port arme 73 morutiers avec à leur bord un équipage de 35 hommes en moyenne. Elle va se pratiquer jusque dans les années 1970, époque à laquelle le Canada interdit l'accès aux zones de pêches.
Pratiquée d'abord par les voiliers, trois-mâts, les campagnes pouvaient durer plus de six mois, le temps que les cales se remplissent de morues, qui étaient salées pour les conserver. La pêche à la ligne s'effectuait à partir des doris, petites embarcations qui emmenaient deux ou trois pêcheurs et qui étaient emboitées les unes dans les autres à bord du trois-mât, pour prendre moins de place. Bon nombre de ces doris se sont perdus dans le brouillard et ne sont jamais revenus aux trois-mâts. Cette activité générait en partie, la construction navale. Puis les techniques ont évolué et les voiliers ont disparu. Le dernier trois-mât goélette Léopoldine pour la pêche à la morue fera son ultime campagne en 1931, laissant la place aux navires à vapeur, puis aux moteurs diesel. De nos jours, il ne réside qu'une faible activité halieutique, qui se résume à une pêche côtière. La plaisance a pris le pas sur la pêche. Le port départemental de Fécamp conserve une activité, notamment l'importation de bois. Le seul terre-neuvier français encore existant, le Marité, a été gréé, équipé et complété dans les chantiers navals de la ville en 1921. En outre, La Marine nationale utilise encore deux goélettes fabriquées à Fécamp dans les années 1930 : L' Étoile et la Belle Poule. La charpente de la Salle gothique du Palais Bénédictine a été réalisée par les charpentiers de marine de la ville au XIXe siècle.
Les hommes en mer, les femmes travaillent aux usines de salaison de morues ou de maquereaux, mais aussi dans les usines textiles liées au lin, qui dés 1834 travaillent avec des métiers à tisser mécanique jusqu'à leur disparition à partir des années 1990 . entrainant une lourde crise de transition économique pour la ville.
La liqueur Bénédictine
La recette de la liqueur bénédictine est inventée par Alexandre-Prosper-Hubert Le Grand, qui fonde au XIXe siècle la Société Bénédictine. Son petit-fils Fernand Le Grand, tout en assurant la direction de la distillerie familiale, crée au milieu des années 1920 une station de radiodiffusion privée, Radio-Fécamp. Le succès grandissant de celle-ci l'amènera à prendre le nom de Radio-Normandie et à proposer des émissions de radio commerciale en anglais en concurrence avec la BBC jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Au milieu des années 1930, Radio-Normandie diffusera également les premières émissions de télévision expérimentale du jeune ingénieur Henri de France, qui deviendra célèbre après-guerre pour son invention des standards de télévision 819 lignes (ancêtre de la TV à haute définition), et SÉCAM de télévision en couleurs.
Sur les falaises du Cap Fagnet, les forces allemandes débutent en 1942 la construction d'une batterie de radars (dont le modèle expérimental Mammut qui ne fut jamais opérationnel) dans le cadre du mur de l'Atlantique. On peut encore observer aujourd'hui l'important dispositif construit pour les radars, dont les bunkers. Les Allemands, dans le cadre du "Mur de l'Atlantique", fortifient la ville, les villas du bord de mer et le casino sont dynamités.
En juillet 1960, le général de Gaulle y prononce un discours dont on retient la célèbre citation : " Je salue Fécamp, port de mer qui entend le rester et le restera !".
Démographie
Les habitants de la commune sont appelés les Fécampois.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans.
En 2014, la commune comptait 19 344 habitants, en diminution de -0,02 % par rapport à 2009 (Seine-Maritime : 0,48 % , France hors Mayotte : 2,49 %)
Enseignement
Fécamp comporte quatre lycées :
- le lycée professionnel maritime Anita-Conti ;
- le lycée La Providence, lycée privé situé en centre ville ;
- le lycée professionnel Descartes, situé dans le complexe scolaire situé plateau Saint-Jacques ;
- le lycée Guy-de-Maupassant, situé dans le complexe scolaire plateau Saint-Jacques.
Les lycées Descartes et Guy-de-Maupassant sont réunis sur le même site permettant une certaine mixité des origines, des milieux sociaux et des études.
Il y a également quatre collèges :
- le collège Paul-Bert ;
- le collège privé La Providence ;
- le collège Jules-Ferry ;
- le collège Georges-Cuvier.
Économie
La ville de Fécamp est tournée vers les activités maritimes. Fécamp est également producteur d'électricité grâce à son parc éolien.
Culture locale et patrimoine
La ville de Fécamp est construite autour de son port, entre deux falaises, mais également sur un vaste réseau de, cavités souterraines ancestrales qui furent des carrières de pierre à bâtir mais également des lieux de vie et de protection pendant les guerres de religion et les guerres suivantes.
Lieux et monuments
- Abbatiale de la Trinité de Fécamp, monument historique.
- Ruines du château ducal, monument historique.
- Église Saint-Étienne de Fécamp, monument historique.
- Musée des Terre-Neuvas et de la pêche : musée du glorieux passé maritime de Fécamp, inauguré en 1988. La grande aventure des morutiers qui partaient pendant de longs mois vers les eaux glaciales de Terre-Neuve (embarcations, maquettes, outillage), la construction et la réparation navale, peinture de marine, expositions. Ce musée a fermé ses portes le 31 décembre 2012 pour préparer son prochain transfert vers l'ancienne sécherie Les Pêcheries.
- Musée-découverte du chocolat.
- Maison du patrimoine : demeure du XVIe siècle, dite « Maison à la fleur de lys » puis « Hôtel du grand cerf ». Elle abrite depuis 2005 les archives municipales.
- Villa Émilie, début XXe siècle, style Art Nouveau.
- Musée du Palais Bénédictine ouvert en 1888 par Alexandre-Prosper-Hubert Le Grand son fondateur dans un bâtiment caractéristique de l'historicisme, tendance éclectique, mélangeant les styles et les époques : néogothique, néo-Renaissance et art nouveau. Il abrite un musée consacré à la précieuse liqueur normande et des expositions temporaires d'art (Stabiles d'Alexander Calder en 2001).
- Chapelle du Précieux-Sang.
- Monuments aux morts place Charles-de-Gaulle. La place a été réaménagée en 2006/2007 (anciennement place Thiers), régulièrement honorée et décorée.
- Chapelle Notre-Dame-du-Salut ou aussi Notre-Dame-des-Marins, chapelle située en haut de la falaise amont, dédiée aux marins disparus en mer. La chapelle est vénérée par les familles des marins et comporte de nombreux ex-votos et maquettes de bateaux.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9camp
Adresse
Fécamp
France
Lat: 49.755599976 - Lng: 0.380773991









